Quelques chiffres en introduction :
1 Français sur 4 connaîtra un trouble psychique au cours de sa vie.
- 70 % des troubles apparaissent entre 15 et 25 ans.
- Chaque année : 200 000 tentatives de suicide, +70 % d’antidépresseurs chez les jeunes depuis 2019.
- Deuxième poste de dépense de la Sécurité sociale : 28 milliards €/an, devant le cancer.
Qu’est-ce qu’être ou ne pas être en bonne santé mentale ?
Pour Yannick Morvan, chercheur clinicien, la santé mentale ne se résume pas à « ne pas être malade ». « C’est un équilibre dynamique qui permet de faire face aux difficultés de la vie, d’apprendre, de créer et de garder un lien avec les autres ».
Ne pas être en bonne santé mentale, c’est perdre cet équilibre : anxiété, stress, dépression, isolement… Ces troubles, souvent invisibles, ne se mesurent pas comme une maladie physique : « Il n’existe pas d’analyse de sang pour la dépression. Tout repose sur l’écoute, l’observation et la parole ».
Repérer la souffrance chez les jeunes est difficile : la frontière entre mal-être passager et trouble durable est floue. L’enjeu majeur est l’accès aux soins et le repérage précoce : « Mettre le bon professionnel devant la bonne personne, au bon moment ».
Chiffres clés sur la santé mentale en France :
- Les dépenses représentent 7 % du PIB français (67 milliards €/an)
- La 2e cause de mortalité des 15-25 ans : le suicide
- Seuls 53 % des étudiants en détresse consultent un professionnel
Les leviers d’action :
À l’échelle locale (exemple de Suresnes). Le maire Guillaume Boudy a rappelé trois priorités locales :
- Compétences psychosociales : ateliers dès l’école, 4 500 jeunes sensibilisés.
- Formation des acteurs : agents, enseignants et animateurs formés à l’écoute (dispositif COSI).
- Accès aux soins : points d’écoute jeunesse, permanences psychologiques, meilleure coordination locale.
À l’échelle nationale :
- Limiter l’exposition aux écrans avant 3 ans, encadrer les réseaux sociaux.
- Former 1 million de secouristes en santé mentale.
- Créer une cartographie des lieux de soins.
- Structurer la filière psychiatrique et déstigmatiser les troubles.
La santé mentale des jeunes est un enjeu collectif et prioritaire.
Mieux comprendre, mieux prévenir, mieux accompagner — pour bâtir une société plus bienveillante et plus attentive.
